Sécurité Sociale : Force Ouvrière dénonce l’offensive menée par le gouvernement

Le 10/10/2025

Alors que nous sommes pourtant en période de « gestion des affaires courantes », les décrets se multiplient pour réduire les droits des assurés sociaux, sans débat démocratique. La Sécurité Sociale arrachée en 1945, a 80 ans cette année.

Nous l’avons vu avec le projet de doublement des franchises médicales, qui ferait passer le plafond annuel de 50 € à 100 €. Derrière l’argument de la « responsabilisation des assurés », il s’agit d’augmenter le reste à charge, de frapper les malades chroniques et de provoquer des renoncements aux soins.

Nous l’avons vu aussi avec la remise en cause de l’Aide Médicale d’État (AME), qui limite le panier de soins et restreint l’accès des plus fragiles à la santé.

Ces attaques s’inscrivent dans une logique budgétaire qui fait porter aux assurés la responsabilité d’un déficit fabriqué par des choix politiques : exonérations patronales massives (87 milliards en 2024) et aides publiques démesurées (211 milliards par an) sans aucune contrepartie. Pendant que les entreprises s’habituent aux subventions, ce sont les salariés qui paient la facture.

Le gouvernement prépare 5 milliards d’économies sur le dos des assurés, avec la révision du dispositif ALD et la fin du remboursement intégral de certains médicaments ainsi que la suppression du statut ALD dès la consolidation de l’état de santé. FO dénonce une mesure honteuse qui transfère la charge vers les complémentaires, renchérit les coûts pour les assurés et aggrave les inégalités.

En outre, le gouvernement s’attaques aux arrêts maladie en prévoyant d’une part de supprimer l’avis du médecin du travail pour les arrêts supérieurs à 30 jours (sauf AT/MP), confiant cette mission aux seuls médecins généralistes ou spécialistes déjà en sous-effectif, et d’autre part de transférer la gestion de l’indemnisation des arrêts aux employeurs avec la mise en place d’un jour de carence obligatoire non indemnisé.

A cela s’ajoute la baisse du plafond des IJSS depuis le 1er avril 2025. Ces mesures conjuguées fragilisent les salariés en arrêt, réduisent leurs droits, dégradent la prévention en santé au travail et constituent une régression sociale majeure.

Force Ouvrière exige l’abandon de ces projets régressifs. Les assurés sociaux ne sont pas des variables d’ajustement. Ils ne sont ni des irresponsables, ni des consommateurs, mais les acteurs de la solidarité nationale qui font vivre depuis près de 80 ans notre système de protection sociale au travers de leurs cotisations.

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